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Extrait de mon prochain roman!

Aller hop, petite pause Teasing en ce dimanche matin!

“Le sous-sol. L’endroit le plus chaleureux de l’immeuble ; et Nicole s’y trouvait à deux heures du matin. Elle préférait prendre ça comme une partie de sa victoire, après avoir terrassé ses ennemis, elle détruisait les preuves ; c’était plus drôle ainsi. Elle était dans le long couloir de pierre, l’humidité faisant ressortir les odeurs de poubelles, de cambouis et de … de rat mort.

Désolé mon ami…

Elle était beaucoup plus amicale avec les bêtes à poils. Elle regarda le corps sans vie et fit bien attention de ne pas l’écraser puis se mit face à la porte du local à poubelles, deux mètres plus loin. Elle sortit son trousseau de clés et ouvrit la porte, les odeurs emplissaient ses narines. Elle n’avait pas besoin de ça en plus, mais cela faisait partie de la guerre : les odeurs nauséabondes des cadavres de ses ennemis… et des couches de nouveau-nés, des restes de yaourt et tout le tralala. Elle avait tellement milité pour que le syndic opte pour un système de compost, mais non. Ces égoïstes préféraient tout balancer ici, et laisser faire les autres. Elle se rappelait encore ce qu’avait répondu le doyen de l’immeuble : “ils sont payés pour ça !”, c’est sûr qu’avec une telle mentalité, la planète était très mal en point.

Mais bon, elle avait fait ce qu’elle avait pu, et de toutes manières il n’y avait rien dans le coin pour jardiner. Elle regarda le sac de l’aspirateur une dernière fois, comme si elle tenait la tête du chef de ses ennemis et lança une réplique digne d’un nanar :

« Que cela serve de leçon à nos ennemis, personne ne s’en prend à mon plancher. »

Puis elle balança le sac dans la poubelle, non sans une certaine fierté. Elle fit demi-tour, prête à affronter une nouvelle fois le couloir sombre mais elle entendit un son étrange venir de derrière les poubelles. Un rire mystérieux, une voix d’homme sans nul doute. Voix rauque, et… rire moqueur ?!

« T’as toujours été un phénomène toi, hein ? »

Évidemment, la voix venait du coin le plus sombre de la pièce.

« Enfin, t’as toujours cru être un phénomène… »

Nicole aperçut de longs cheveux et de très petits pieds, surtout pour une voix si rauque, et elle fut décontenancée de voir qui logeait dans cette pièce. Un mini-métalleux. Sans aucun mauvais jeu de mot, cet homme était simplement un nain avec des cheveux très longs qui descendaient le long de son dos jusqu’aux fesses et… rien d’autre ; ce qui était plutôt gênant. Il se mit sous l’ampoule, Nicole détourna les yeux :

« Ohhh, t’as jamais vu une bite de nain ? Ah ! rigola-t-il mais Nicole n’appreciait pas du tout son humour. Ah ouais pardon, maintenant vous dîtes “personnes de petite taille”.

— Monsieur, c’est un local à poubelle vous n’avez pas le droit de vivre ici, même si c’est sûrement mieux que la rue. Je vais vous appeler une association.

— Ahah ! J’ai vraiment l’air d’un SDF ? Vous les mortels et vos clichés… on a vraiment bien réussi notre coup. »

Nicole recula, sans jamais quitter l’homme des yeux, elle savait qu’un jour ou l’autre elle rencontrerait forcément un individu tellement perché qu’elle n’aurait qu’une envie c’est de retourner chez ses parents, c’était qu’une question de temps. Cependant, jamais elle n’aurait imaginé tomber sur une personne de petite taille, aux cheveux aussi lisses qu’une top model pour une pub de shampoing et adepte du nudisme. Dès qu’elle estima être assez loin, elle accéléra la marche jusqu’à courir comme Usain Bolt dans les escaliers. Avalant les marches deux par deux, elle retrouva bien vite le pas de sa porte. Nicole s’enferma à double tours dans son appartement et prit le temps de respirer, son front toujours contre la porte. Aucun bruit dans le couloir, il n’avait pas réussi à la suivre. Elle se dirigea vers le téléphone et tenta de se rappeler du numéro du SAMU.

« Le 15 », fit-il alors qu’il se tenait contre la porte de la chambre derrière elle.

Elle sursauta au point d’en lâcher le téléphone des mains, il rebondit au sol et se brisa contre le pied du ventilateur. Ne voulant pas reposer son regard sur cet homme sans être armée, Nicole saisit le ventilateur et menaça son visiteur :

« Tu crois vraiment me faire mal avec ce truc, comment tu peux le manier correctement alors qu’il est encore branché ? »

Nicole jeta à un œil à la prise électrique, il marquait un point. Cette vieille prise était aussi grippée que la porte arrière droite de la  R5 de tonton Maurice, il lui aurait bien fallu cinq minutes pour la débrancher sans s’électrocuter. Elle reposa l’appareil tout doucement et fila dans la cuisine pour attraper un couteau et tant qu’à faire, elle prit aussi la paire de ciseaux qui trainait sur le meuble. Elle retourna dans le salon, il n’avait pas bougé. Il était toujours contre la porte, ses cheveux se contentant malheureusement de cacher son dos, la regardant avec amusement.

« Tu comptes me découper ? Comment tu vas expliquer ça ? “Au secours s’il-vous-plait, un nain cul-nu a pénétré dans mon appartement, je l’ai poignardé et je lui ai fait une coupe de cheveux, snif snif”. Voyons, t’es plus maligne que ça, aller, pose-moi ces jouets. »

Il avait (encore) raison, et Nicole détestait ça. C’était forcément une blague, certes de très mauvais gout ; une de ces caméras cachées dont les gens raffolent, elle devait juste jouer le jeu. Elle retourna dans la cuisine à la recherche d’un plan, elle ne voulait pas le tuer bien évidemment, mais comment être certaine de le blesser suffisamment tout en restant dans le domaine de la légitime défense et du divertissement ? Elle n’en connaissait pas assez sur l’anatomie et avec toutes ces lois stupides elle aurait de grandes chances d’aller en prison même si ce gars était… elle ne savait même pas ce qu’il était. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’il était petit, nu et avec de longs cheveux. De TRÈS longs cheveux… Elle jeta un œil à la porte d’entrée, il ne pouvait pas la voir d’où il était alors elle avança silencieusement et la déverrouilla, elle devait simplement le foutre dehors, après tout. Tentant de paraître normale au possible, elle retourna dans le salon et trouva son invité assis sur le canapé, emmitouflé dans son plaid préféré en train de regarder la télévision. Il était sale, et il osait utiliser SON PLAID PRÉFÉRÉ ! Ç’en était trop. En y repensant, c’était juste ce qu’il lui fallait pour avoir assez de ténacité pour son plan. Elle s’approcha doucement et abaissa le plaid qui recouvrait la tête de son invité, prête à lui empoigner les cheveux quoiqu’elle puisse trouver dedans et le foutre dehors. Et là, ce fut l’échec.”

La suite à la sortie officielle!

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